Technique
Votre site est en http : ce que ça vous coûte vraiment
C'est le défaut le plus fréquent sur les sites d'artisans, et l'un des plus faciles à corriger. Pourtant il continue de coûter des clients tous les jours.
Ce que voit votre visiteur
Sur un site en http, les navigateurs affichent un avertissement explicite : « Non sécurisé », parfois accompagné d'un cadenas barré. Sur Chrome, il apparaît juste avant l'adresse, à l'endroit exact où l'œil se pose en premier.
Quelqu'un qui cherche un dépanneur en urgence ne prend pas le risque. Il revient en arrière et clique sur le résultat suivant. Vous ne saurez jamais qu'il est passé, et c'est ce qui rend le problème invisible : il ne se traduit par aucune plainte, seulement par des appels qui n'arrivent pas.
Le phénomène s'aggrave sur les pages contenant un formulaire : certains navigateurs affichent alors un avertissement en plein écran avant même la saisie.
Ce que voit Google
Le protocole sécurisé est un critère de classement depuis 2014. Son poids est modeste pris isolément — Google l'a toujours présenté comme un signal de faible intensité.
Mais il ne joue pas seul. Le taux de rebond provoqué par l'avertissement, lui, pèse lourd : un site que les visiteurs quittent en trois secondes envoie un signal très clair sur sa pertinence. C'est l'effet indirect qui coûte, bien plus que le critère lui-même.
À cela s'ajoute un point pratique : Chrome tente désormais systématiquement la version sécurisée d'une page avant la version http. Un site qui n'a pas de version https ajoute une étape et un délai à chaque visite.
Combien ça coûte, et combien de temps
Le certificat lui-même est gratuit chez la quasi-totalité des hébergeurs, via Let's Encrypt, et son renouvellement est automatique. L'activation prend quelques minutes dans le panneau d'administration.
Le vrai travail est ailleurs, et c'est là que les prestataires facturent : rediriger toutes les anciennes adresses vers les nouvelles, corriger les ressources encore chargées en http, vérifier que rien n'a cassé. Comptez une à deux heures pour un site vitrine classique, une demi-journée pour un site plus fourni.
Les quatre étapes, dans l'ordre
- Activer le certificat depuis le panneau de l'hébergeur. Attendez la propagation, généralement quelques minutes.
- Rediriger tout le http vers le https en 301, permanent. Sans ces redirections, vous vous retrouvez avec deux versions du même site, ce qui est pire que le problème de départ.
- Corriger le contenu mixte : images, scripts ou polices encore appelés en http. Le navigateur les bloque ou affiche un avertissement, même si la page est en https. La console du navigateur les liste toutes.
- Déclarer la nouvelle version dans la Search Console. Sans cette étape, vous perdez l'historique de vos positions et Google met plus longtemps à comprendre le changement.
L'erreur qui fait perdre le référencement
Passer en https sans redirections, ou avec des redirections en 302 au lieu de 301. Dans les deux cas, la valeur acquise par les anciennes adresses ne se transmet pas.
Le symptôme apparaît trois à six semaines plus tard : le trafic organique s'effondre sans raison apparente, et personne ne fait le lien avec la migration. C'est réparable, mais il faut plusieurs semaines pour remonter.
Vérifiez après coup : tapez votre adresse en http dans le navigateur. Vous devez arriver en https, sur la même page, sans passer par l'accueil.
Vous voulez savoir où vous en êtes ?
Je regarde votre site et votre visibilité locale, et je vous envoie un retour écrit. Sans engagement.